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Comptabilité au Danemark : guide complet pour les entreprises

Introduction à la comptabilité des entreprises au Danemark

La tenue d’une comptabilité conforme au droit danois est une condition essentielle pour exercer une activité économique au Danemark, que vous soyez entrepreneur individuel, freelance, start-up ou société établie. La comptabilité ne sert pas uniquement à remplir des obligations légales : elle constitue aussi un outil de pilotage permettant de suivre la rentabilité, la trésorerie et les risques de votre entreprise sur le marché danois.

Au Danemark, l’organisation comptable repose principalement sur deux ensembles de règles : la loi danoise sur les états financiers (Årsregnskabsloven) et la législation fiscale (Skatteloven, Momsloven pour la TVA). Ces textes définissent qui doit tenir une comptabilité, comment les écritures doivent être enregistrées, quels documents doivent être conservés, ainsi que la forme et le contenu des états financiers annuels.

Toutes les entreprises ayant une activité économique au Danemark sont tenues de conserver une documentation comptable fiable et traçable. Cela concerne notamment :

  • les entreprises individuelles (enkeltmandsvirksomhed) et les freelances,
  • les sociétés à responsabilité limitée (ApS) et les sociétés anonymes (A/S),
  • les succursales de sociétés étrangères,
  • les partenariats et autres formes d’entités exerçant une activité commerciale.

La comptabilité doit être tenue de manière à permettre à l’Administration fiscale danoise (Skattestyrelsen) et à d’éventuels auditeurs de vérifier facilement les opérations. Les écritures doivent être enregistrées de façon chronologique, complète et documentée, et les pièces justificatives (factures, relevés bancaires, contrats, notes de frais) doivent être conservées pendant au moins cinq ans à compter de la fin de l’exercice comptable.

Le Danemark se distingue par un environnement numérique très développé. La plupart des obligations comptables et fiscales sont gérées en ligne via des plateformes officielles comme TastSelv Erhverv et le système de facturation électronique NemHandel. La grande majorité des entreprises utilisent des logiciels comptables intégrés au système danois (par exemple pour la déclaration de TVA, la paie ou le reporting financier), ce qui impose une bonne structuration des données et une rigueur dans la saisie des opérations.

La fréquence des enregistrements comptables dépend de la taille et de l’activité de l’entreprise, mais, dans la pratique, les entreprises soumises à la TVA doivent disposer d’une comptabilité suffisamment à jour pour pouvoir établir leurs déclarations de TVA mensuelles, trimestrielles ou semestrielles, selon leur régime. Les sociétés soumises à l’Årsregnskabsloven doivent en outre établir des états financiers annuels dans un délai déterminé après la clôture de l’exercice, en respectant les catégories de taille (A, B, C, D) qui conditionnent le niveau de détail et, le cas échéant, l’obligation d’audit.

Pour les entrepreneurs étrangers, la comptabilité danoise présente quelques spécificités importantes : l’identification via le numéro CVR, l’utilisation obligatoire de comptes bancaires professionnels pour certaines formes de sociétés, la gestion de la TVA intracommunautaire, ainsi que la coordination entre les règles danoises et les normes comptables internationales (IFRS) pour les groupes ou les sociétés cotées. Une bonne compréhension de ces règles dès le démarrage de l’activité permet d’éviter des redressements fiscaux, des pénalités et des retards de dépôt des comptes.

En résumé, la comptabilité au Danemark est à la fois un cadre légal strict et un outil de gestion moderne, fortement digitalisé. Mettre en place dès le début une organisation comptable claire, des procédures internes adaptées et un logiciel conforme aux exigences danoises est indispensable pour assurer la conformité de votre entreprise et sécuriser son développement sur le marché danois.

Cadre légal et réglementaire de la comptabilité au Danemark

La comptabilité au Danemark est encadrée par un ensemble de lois et de normes qui visent à garantir la transparence, la fiabilité et la comparabilité des informations financières. Toute entreprise opérant sur le territoire danois – qu’il s’agisse d’une entreprise individuelle, d’une société à responsabilité limitée (ApS) ou d’une société anonyme (A/S) – doit respecter ces règles, que l’activité soit locale ou internationale.

Principales lois comptables au Danemark

Le texte central est la Årsregnskabsloven (Annual Accounts Act), qui définit la structure, le contenu et les exigences de présentation des états financiers. Elle s’applique principalement aux sociétés relevant des catégories B, C et D, mais sert aussi de référence pour les plus petites entités.

Pour les entreprises individuelles et les très petites structures, les obligations découlent principalement de la Skattekontrolloven (loi sur le contrôle fiscal) et de la Momsloven (loi sur la TVA), qui imposent une tenue de livres fiable, la conservation des pièces justificatives et la déclaration correcte des revenus et de la TVA.

Catégories d’entreprises et niveau d’exigence

Le cadre légal danois distingue plusieurs catégories d’entreprises en fonction de leur taille, ce qui détermine le niveau de détail et de contrôle exigé :

  • Catégorie A : très petites entreprises et entreprises individuelles qui ne sont pas tenues de publier leurs comptes, mais doivent tenir une comptabilité suffisante pour documenter le résultat imposable et la TVA.
  • Catégorie B : petites sociétés dépassant certains seuils de chiffre d’affaires, de total de bilan ou d’effectif, soumises à l’Annual Accounts Act et à l’obligation de déposer leurs comptes auprès de l’Erhvervsstyrelsen (Autorité danoise des entreprises).
  • Catégorie C : entreprises moyennes et grandes avec des exigences accrues en matière de présentation, d’annexes et souvent d’audit légal.
  • Catégorie D : grandes entreprises d’intérêt public (notamment sociétés cotées), soumises aux règles les plus strictes, souvent alignées sur les normes IFRS.

Les seuils précis (chiffre d’affaires, total de bilan, nombre de salariés) sont fixés par la loi et révisés périodiquement. Le passage d’une catégorie à l’autre entraîne des obligations supplémentaires en matière de reporting, de gouvernance et parfois d’audit.

Normes comptables et principes d’évaluation

Le droit danois repose sur le principe d’une image fidèle (true and fair view). Les comptes doivent refléter de manière honnête la situation financière, les performances et les flux de trésorerie de l’entreprise.

Selon la taille et la nature de l’entité :

  • Les petites et moyennes entreprises appliquent généralement les règles détaillées dans l’Annual Accounts Act, inspirées des normes européennes.
  • Les grandes entreprises et les sociétés cotées appliquent souvent les IFRS pour leurs états financiers consolidés, en complément ou en parallèle des exigences nationales.

Les principes clés incluent la continuité d’exploitation, la permanence des méthodes, la prudence, la comptabilisation des revenus à la date de réalisation et l’évaluation des actifs et passifs à des valeurs justifiées et documentées.

Obligations de tenue de livres et de conservation

Toutes les entreprises au Danemark doivent tenir une comptabilité à jour, traçable et documentée. Les écritures doivent être enregistrées de manière chronologique et systématique, avec un lien clair vers les pièces justificatives (factures, contrats, relevés bancaires, notes de frais, etc.).

La loi impose une conservation minimale de 5 ans pour la plupart des documents comptables et fiscaux, à compter de la fin de l’exercice concerné. Cette conservation peut être effectuée sous forme électronique, à condition que les documents soient lisibles, intègres et facilement accessibles en cas de contrôle par l’administration fiscale (Skattestyrelsen) ou par l’Erhvervsstyrelsen.

Exigences de dépôt et de publication des comptes

Les sociétés relevant des catégories B, C et D doivent établir des états financiers annuels et les déposer auprès de l’Erhvervsstyrelsen. Le dépôt se fait exclusivement par voie électronique, généralement via le système officiel en ligne.

Le délai de dépôt est en règle générale de 6 mois après la clôture de l’exercice pour la plupart des sociétés. Le non-respect de ce délai peut entraîner des amendes automatiques, voire la dissolution forcée de la société en cas de manquements répétés.

Interaction avec la fiscalité et la TVA

Le cadre comptable danois est étroitement lié aux règles fiscales. Les résultats comptables servent de base au calcul de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu pour les entreprises individuelles, avec certains ajustements fiscaux spécifiques.

En matière de TVA, la Momsloven impose l’enregistrement à la TVA dès que le chiffre d’affaires taxable dépasse un certain seuil annuel. Les entreprises doivent alors :

  • émettre des factures conformes aux exigences légales (numérotation, mentions obligatoires, taux de TVA, numéro de TVA, etc.) ;
  • tenir une comptabilité permettant de distinguer clairement les opérations taxables, exonérées et hors champ ;
  • déclarer et payer la TVA selon une périodicité déterminée par le volume d’activité (mensuelle, trimestrielle ou semestrielle).

Contrôles, sanctions et responsabilité des dirigeants

Le respect du cadre légal et réglementaire est surveillé par plusieurs autorités :

  • Skattestyrelsen contrôle la correcte déclaration des revenus, de la TVA et des autres impôts.
  • Erhvervsstyrelsen supervise le dépôt des comptes, la conformité formelle des états financiers et le respect des obligations de publicité.

En cas de non-respect des règles comptables – absence de comptes, dépôt tardif, documentation insuffisante, irrégularités graves – les entreprises et leurs dirigeants s’exposent à des amendes, à des redressements fiscaux, voire à des poursuites pénales en cas de fraude avérée.

Les dirigeants ont une responsabilité personnelle dans la mise en place d’une organisation comptable adéquate, le choix de méthodes conformes à la loi et la validation des états financiers avant leur approbation et leur dépôt.

Rôle des experts-comptables et des auditeurs

Le cadre réglementaire danois reconnaît un rôle central aux auditeurs agréés et aux conseillers comptables. Pour de nombreuses sociétés, l’audit légal des comptes par un auditeur inscrit est obligatoire, en particulier pour les entités de catégories C et D et pour certaines sociétés de catégorie B dépassant des seuils spécifiques.

Même lorsque l’audit n’est pas requis, le recours à un professionnel permet de sécuriser la conformité avec l’Annual Accounts Act, la législation fiscale et les règles de TVA, et de réduire le risque d’erreurs ou de sanctions lors d’un contrôle.

Dans ce contexte, comprendre le cadre légal et réglementaire de la comptabilité au Danemark est essentiel pour toute entreprise souhaitant s’implanter, se développer ou simplement rester en conformité avec les autorités danoises.

Immatriculation, obligations comptables et fiscales des entreprises individuelles au Danemark

Au Danemark, les entreprises individuelles (enkeltmandsvirksomhed) constituent la forme juridique la plus simple pour démarrer une activité. Elles sont particulièrement adaptées aux freelances, consultants, artisans, chauffeurs VTC, e-commerçants ou prestataires de services qui souhaitent tester un projet avec une structure légère, tout en respectant les obligations comptables et fiscales danoises.

Le chef d’entreprise et l’entreprise ne forment qu’une seule et même personne sur le plan juridique et fiscal. Les bénéfices sont imposés directement entre les mains de l’entrepreneur, dans le cadre de l’impôt sur le revenu danois, avec la possibilité d’opter pour différents régimes d’imposition des bénéfices professionnels.

Immatriculation d’une entreprise individuelle au Danemark

Avant de commencer une activité indépendante, l’immatriculation auprès des autorités danoises est obligatoire. La procédure se fait en ligne via la plateforme officielle Virk et conduit à l’attribution d’un numéro d’entreprise (CVR-nummer) ou, pour les très petites activités, à l’utilisation du numéro personnel (CPR) avec enregistrement comme indépendant.

En pratique, une entreprise individuelle doit se déclarer auprès de l’administration fiscale (Skattestyrelsen) dès que le chiffre d’affaires attendu dépasse 50 000 DKK sur une période de 12 mois, seuil qui déclenche également l’obligation d’enregistrement à la TVA. Lors de l’immatriculation, il est nécessaire de préciser :

  • la nature de l’activité (code NACE danois) ;
  • la date de début d’activité ;
  • le régime de TVA (mensuel, trimestriel ou semestriel selon le chiffre d’affaires) ;
  • le régime d’imposition des bénéfices (régime personnel standard ou régime de l’entreprise individuelle, virksomhedsordningen).

L’immatriculation est gratuite et, en règle générale, validée rapidement si toutes les informations sont complètes. Il est toutefois essentiel de bien choisir le régime fiscal dès le départ, car il influence la manière de tenir la comptabilité et de déclarer les résultats.

Obligations comptables des entreprises individuelles

Les obligations comptables d’une entreprise individuelle au Danemark sont plus souples que pour les sociétés, mais elles restent strictement encadrées. L’entrepreneur doit être en mesure de documenter à tout moment ses revenus, ses dépenses et sa situation de TVA.

Concrètement, une entreprise individuelle doit :

  • tenir un enregistrement chronologique de toutes les opérations (ventes, achats, frais, paiements, encaissements) ;
  • conserver toutes les pièces justificatives (factures, notes de frais, relevés bancaires, contrats) pendant au moins 5 ans ;
  • séparer clairement les opérations professionnelles des dépenses privées, même si le compte bancaire est commun ;
  • établir au moins une fois par an un état récapitulatif des recettes et des dépenses, permettant de calculer le bénéfice imposable.

Il n’existe pas d’obligation générale de déposer des comptes annuels au registre du commerce pour les entreprises individuelles, contrairement aux sociétés de capitaux. Cependant, dès que l’activité atteint une certaine taille ou emploie du personnel, une comptabilité plus structurée (bilan, compte de résultat, rapprochements bancaires réguliers) devient indispensable pour maîtriser la fiscalité, la trésorerie et les risques de contrôle.

Les livres comptables peuvent être tenus sous forme électronique, ce qui est la pratique la plus courante au Danemark. L’administration fiscale accepte largement les logiciels de comptabilité en ligne, à condition que les données soient complètes, traçables et accessibles en cas de contrôle.

Obligations fiscales des entreprises individuelles

Sur le plan fiscal, le bénéfice d’une entreprise individuelle est imposé comme revenu personnel du chef d’entreprise. Il s’ajoute aux autres revenus (salaires, pensions, revenus de capitaux, etc.) et est soumis à l’impôt sur le revenu danois, composé de plusieurs niveaux :

  • impôt municipal et régional, généralement compris entre 24 % et 27 % selon la commune ;
  • impôt d’État de base de 12,16 % sur la partie du revenu imposable dépassant un seuil relativement bas ;
  • impôt d’État supérieur de 15 % sur la fraction du revenu personnel imposable dépassant environ 588 900 DKK (hors contributions sociales et contributions au marché du travail).

À cela s’ajoute la contribution au marché du travail (AM-bidrag) de 8 % prélevée sur le revenu professionnel avant calcul de l’impôt sur le revenu. Le taux marginal global peut ainsi dépasser 50 % pour les revenus les plus élevés, ce qui rend le choix du régime fiscal et la planification des bénéfices particulièrement importants.

L’entrepreneur individuel peut opter pour le régime de l’entreprise (virksomhedsordningen) ou, dans certains cas, pour le régime du capital (kapitalafkastordningen) afin de lisser l’imposition, déduire les intérêts d’emprunt de manière plus avantageuse et différer une partie de l’impôt sur les bénéfices réinvestis dans l’activité. Ces régimes impliquent toutefois des exigences comptables plus strictes, notamment une séparation claire entre patrimoine privé et professionnel.

Déclarations fiscales et échéances principales

Une entreprise individuelle doit respecter plusieurs échéances fiscales au cours de l’année. Les principales obligations sont les suivantes :

  • Déclaration anticipée de revenus : l’entrepreneur doit estimer son bénéfice annuel et le déclarer à l’administration fiscale afin de calculer les acomptes d’impôt sur le revenu. Ces acomptes sont généralement payés en deux fois, en mars et en juillet, avec la possibilité de verser des acomptes supplémentaires.
  • Déclaration annuelle de revenus : après la fin de l’année fiscale (qui coïncide en principe avec l’année civile), l’entreprise individuelle doit valider ou corriger les informations préremplies dans la déclaration annuelle (årsopgørelse) en y intégrant le bénéfice réel de l’activité indépendante. Cette déclaration sert de base au calcul définitif de l’impôt, des éventuels remboursements ou compléments à payer.
  • Déclarations de TVA : si l’entreprise est assujettie à la TVA, elle doit déposer des déclarations périodiques (mensuelles, trimestrielles ou semestrielles selon le chiffre d’affaires) et verser la TVA due dans les délais fixés par l’administration. Le non-respect de ces délais entraîne des intérêts de retard et des pénalités.

En cas d’embauche de salariés, l’entreprise individuelle doit en outre s’enregistrer comme employeur, retenir l’impôt à la source (A-skat) et la contribution au marché du travail sur les salaires, et verser ces montants à l’administration selon un calendrier précis, généralement mensuel.

TVA et autres obligations liées au chiffre d’affaires

L’enregistrement à la TVA devient obligatoire dès que le chiffre d’affaires taxable dépasse 50 000 DKK sur une période de 12 mois. Une fois enregistrée, l’entreprise doit :

  • facturer la TVA au taux standard de 25 % sur la plupart des biens et services ;
  • collecter la TVA sur les ventes et la déclarer à l’administration ;
  • déduire la TVA sur les achats professionnels éligibles ;
  • conserver les factures conformes aux exigences danoises (numérotation, mentions obligatoires, identification du client pour les opérations intracommunautaires, etc.).

Certaines activités peuvent être exonérées de TVA (par exemple certains services financiers, médicaux ou éducatifs), mais ces exonérations sont strictement définies par la législation danoise et européenne. En cas de prestations transfrontalières au sein de l’Union européenne, des règles spécifiques s’appliquent, notamment pour l’autoliquidation de la TVA et les déclarations récapitulatives des échanges intracommunautaires.

Gestion des dépenses professionnelles et déductions fiscales

Les entreprises individuelles peuvent déduire de leur revenu professionnel les dépenses engagées exclusivement dans l’intérêt de l’activité. Parmi les frais les plus fréquents figurent :

  • les loyers et charges liés aux locaux professionnels ;
  • les frais de déplacement et d’utilisation d’un véhicule pour l’activité (au réel ou selon des barèmes kilométriques fixés par l’administration) ;
  • les dépenses de télécommunication, logiciels, licences et abonnements professionnels ;
  • les achats de marchandises, matières premières et fournitures ;
  • les honoraires de conseil (comptable, avocat, consultant) ;
  • les amortissements des immobilisations (matériel informatique, machines, équipements, mobilier).

Pour être déductibles, ces dépenses doivent être dûment documentées et clairement rattachées à l’activité. Les dépenses mixtes (par exemple, un véhicule ou un logement utilisé à la fois à titre privé et professionnel) doivent être ventilées de manière raisonnable, avec une méthode de calcul cohérente et justifiable en cas de contrôle.

Importance d’une organisation rigoureuse dès le démarrage

Si la création d’une entreprise individuelle au Danemark est relativement simple sur le plan administratif, le respect des obligations comptables et fiscales exige une organisation rigoureuse dès le début de l’activité. Une tenue de livres régulière, l’archivage systématique des pièces justificatives, le suivi des échéances de TVA et d’impôt sur le revenu permettent de limiter les risques de redressement, d’intérêts de retard et de pénalités.

Pour les entrepreneurs étrangers ou les personnes peu familières avec le système danois, il est souvent recommandé de s’appuyer sur un professionnel de la comptabilité connaissant à la fois la législation locale et les particularités des entreprises individuelles. Cela facilite la mise en place de procédures adaptées, le choix du régime fiscal optimal et la sécurisation de la relation avec l’administration fiscale danoise.

Comptabilité des sociétés danoises (catégories B à D)

Au Danemark, la comptabilité des sociétés est structurée autour de quatre grandes catégories définies par la Danish Financial Statements Act (Årsregnskabsloven). Les sociétés relevant des catégories B, C et D regroupent la quasi-totalité des entreprises à responsabilité limitée et sont soumises à des exigences comptables et de publication plus ou moins étendues selon leur taille. Bien comprendre ces catégories est essentiel pour organiser sa tenue de livres, anticiper les obligations de dépôt et déterminer si un audit légal est requis.

Catégorie B : petites sociétés danoises

La catégorie B couvre les petites sociétés, principalement les Anpartsselskab (ApS – sociétés à responsabilité limitée) et certaines Aktieselskab (A/S – sociétés par actions) de petite taille. Une société est classée en catégorie B lorsqu’elle ne dépasse pas au moins deux des trois seuils suivants sur deux exercices consécutifs :

  • Chiffre d’affaires net : jusqu’à 89 millions DKK
  • Total du bilan : jusqu’à 44 millions DKK
  • Nombre moyen de salariés : jusqu’à 50 équivalents temps plein

Les sociétés de catégorie B doivent établir au minimum :

  • un bilan
  • un compte de résultat
  • une annexe (notes) avec les principales informations complémentaires

Le tableau des flux de trésorerie n’est pas obligatoire pour cette catégorie, sauf si la société choisit volontairement de l’inclure ou si des exigences spécifiques s’appliquent (par exemple, en cas de consolidation). Les comptes annuels doivent être préparés selon les principes de la comptabilité d’engagement, avec une image fidèle de la situation financière et du résultat.

Pour les petites sociétés, le législateur danois prévoit plusieurs simplifications, par exemple :

  • présentation plus condensée du bilan et du compte de résultat
  • exigences réduites en matière de notes (moins de détails sur certains postes)
  • possibilité, sous conditions, d’être exempté d’audit légal si les seuils d’exemption sont respectés

Une société de catégorie B peut être dispensée d’audit légal si, sur deux exercices consécutifs, elle ne dépasse pas au moins deux des trois seuils suivants :

  • Chiffre d’affaires net : 8 millions DKK
  • Total du bilan : 4 millions DKK
  • Nombre moyen de salariés : 12

Dans ce cas, les comptes annuels restent obligatoires mais peuvent être établis sans intervention d’un auditeur agréé, ce qui réduit les coûts administratifs. Toutefois, de nombreuses sociétés choisissent de maintenir un audit volontaire pour renforcer la crédibilité vis-à-vis des banques et partenaires commerciaux.

Catégorie C : sociétés moyennes et grandes

La catégorie C regroupe les sociétés de taille moyenne et grande qui dépassent les seuils de la catégorie B, mais ne sont pas cotées en bourse. On distingue généralement :

  • les sociétés C moyennes, qui dépassent les seuils de la catégorie B mais restent en dessous des seuils supérieurs de la catégorie C
  • les sociétés C grandes, qui dépassent au moins deux des trois seuils supérieurs suivants sur deux exercices consécutifs :
    • Chiffre d’affaires net : plus de 313 millions DKK
    • Total du bilan : plus de 156 millions DKK
    • Nombre moyen de salariés : plus de 250

Les exigences comptables pour les sociétés de catégorie C sont plus étendues que pour la catégorie B. Les comptes annuels doivent inclure :

  • un bilan détaillé
  • un compte de résultat plus développé, avec une ventilation plus fine des postes
  • un tableau des flux de trésorerie (obligatoire pour la plupart des sociétés C)
  • un rapport de gestion (management commentary) pour les grandes sociétés C
  • une annexe complète avec des informations détaillées sur les méthodes comptables, les risques, les engagements hors bilan, les parties liées, etc.

Pour les sociétés de catégorie C, l’audit légal des états financiers par un auditeur agréé (statsautoriseret revisor ou registreret revisor) est obligatoire. L’auditeur doit vérifier la conformité des comptes avec la loi danoise, les normes comptables applicables et, le cas échéant, les normes internationales adoptées par la société.

Les sociétés C sont également soumises à des exigences plus strictes en matière de gouvernance et de transparence, notamment :

  • description des principaux risques financiers et non financiers dans le rapport de gestion
  • informations sur la structure du capital, les droits de vote et la politique de dividendes
  • présentation des transactions significatives avec les parties liées

Pour les groupes de sociétés, la catégorie C implique souvent l’obligation d’établir des comptes consolidés lorsque la société danoise exerce un contrôle sur une ou plusieurs filiales, au Danemark ou à l’étranger, et dépasse certains seuils de taille au niveau du groupe.

Catégorie D : grandes sociétés cotées et institutions d’importance systémique

La catégorie D concerne principalement :

  • les sociétés cotées sur un marché réglementé danois ou étranger
  • certaines grandes institutions financières et entreprises d’importance systémique

Ces entités sont soumises aux exigences les plus strictes en matière de comptabilité, de transparence et de gouvernance. Les comptes annuels des sociétés de catégorie D doivent être établis conformément aux normes internationales d’information financière (IFRS) adoptées par l’Union européenne, en plus des exigences spécifiques de la législation danoise.

Les obligations principales pour les sociétés de catégorie D comprennent :

  • états financiers complets : bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie, état des variations des capitaux propres
  • notes détaillées couvrant l’ensemble des postes significatifs, les méthodes d’évaluation, les estimations clés et les risques
  • rapport de gestion étendu, incluant des informations sur la stratégie, la performance, les risques ESG (environnement, social, gouvernance) lorsque requis, et la politique de rémunération
  • audit légal complet, souvent accompagné de rapports additionnels à destination du comité d’audit et des autorités de supervision

Les sociétés de catégorie D doivent également respecter des délais de publication plus stricts et des obligations de communication continue envers le marché, notamment en cas d’événements significatifs susceptibles d’influencer le cours de leurs titres.

Choix des méthodes comptables et normes applicables

Au Danemark, les sociétés des catégories B et C appliquent principalement la Danish Financial Statements Act, qui définit un cadre comptable national. Toutefois, certaines sociétés, en particulier dans les catégories C et D, peuvent choisir ou être tenues d’appliquer les IFRS pour leurs comptes consolidés, notamment lorsqu’elles appartiennent à un groupe international ou qu’elles se préparent à une introduction en bourse.

Les principales caractéristiques du cadre danois incluent :

  • principe de l’image fidèle (true and fair view) comme exigence centrale
  • comptabilité d’engagement pour toutes les sociétés des catégories B à D
  • évaluation des actifs et passifs à la juste valeur dans certains cas (instruments financiers, investissements, etc.)
  • obligation de documenter les méthodes comptables et les estimations significatives dans l’annexe

Le choix des méthodes comptables (par exemple, amortissement linéaire ou dégressif, valorisation des stocks au coût moyen pondéré, etc.) doit être cohérent d’un exercice à l’autre et clairement expliqué dans les notes.

Obligations de dépôt et délais pour les sociétés B, C et D

Toutes les sociétés danoises des catégories B, C et D doivent déposer leurs comptes annuels auprès de l’Autorité danoise des entreprises (Erhvervsstyrelsen) par voie électronique. Le délai général est de 5 mois après la clôture de l’exercice pour la plupart des sociétés, et de 4 mois pour certaines grandes sociétés et entités cotées, en fonction de leur statut et des exigences spécifiques applicables.

Le non-respect des délais de dépôt peut entraîner :

  • des amendes financières pour la société et, dans certains cas, pour les membres de la direction
  • l’ouverture d’une procédure pouvant mener à la dissolution forcée de la société en cas de manquements répétés

Il est donc essentiel d’organiser la tenue de livres et la préparation des comptes annuels de manière à respecter ces échéances, en particulier pour les sociétés soumises à audit, où le calendrier doit intégrer le travail de l’auditeur.

Impact pratique pour les entrepreneurs et dirigeants étrangers au Danemark

Pour un entrepreneur ou un dirigeant étranger qui crée ou gère une société au Danemark, la classification en catégorie B, C ou D détermine directement :

  • le niveau de détail requis dans les états financiers
  • l’obligation ou non de recourir à un audit légal
  • la complexité des rapports à produire (annexe, rapport de gestion, flux de trésorerie)
  • les coûts administratifs liés à la comptabilité et à la conformité

Une bonne planification comptable dès la création de la société permet d’anticiper le passage éventuel d’une catégorie à l’autre, par exemple lorsqu’une entreprise en forte croissance dépasse les seuils de la catégorie B et devient une société de catégorie C. Dans ce contexte, il est recommandé de mettre en place des procédures de contrôle interne, des outils de reporting et une organisation comptable adaptés aux exigences de la catégorie supérieure, afin de faciliter la transition et de limiter les risques de non-conformité.

Plan comptable et organisation des comptes au Danemark

Le plan comptable danois repose sur des principes relativement souples, mais il doit permettre de produire des états financiers conformes à la Danish Financial Statements Act (Årsregnskabsloven) et, le cas échéant, aux normes internationales (IFRS) pour les grandes entreprises et les sociétés cotées. L’objectif est de garantir une image fidèle de la situation financière, des performances et des flux de trésorerie de l’entreprise, tout en restant pratique à utiliser au quotidien.

Contrairement à certains pays, le Danemark n’impose pas un plan comptable unique et obligatoire avec une numérotation standardisée. Chaque entreprise peut définir sa propre structure de comptes, à condition de respecter les exigences de présentation des états financiers, les règles fiscales et les principes comptables danois généralement admis. En pratique, la plupart des entreprises danoises utilisent une organisation de comptes inspirée d’une logique commune, ce qui facilite les échanges avec les comptables, les auditeurs et l’administration fiscale (SKAT).

Structure générale du plan comptable danois

Le plan comptable est généralement organisé en grandes catégories qui reflètent la structure des états financiers : bilan (actif et passif) et compte de résultat. Une structure fréquente, adaptée aux logiciels de comptabilité danois, distingue notamment :

  • les comptes d’actif (immobilisations, stocks, créances, trésorerie)
  • les comptes de passif (capitaux propres, provisions, dettes à court et long terme)
  • les comptes de produits (chiffre d’affaires, autres revenus d’exploitation, produits financiers)
  • les comptes de charges (achats, salaires, charges sociales, amortissements, charges financières et fiscales)

Les entreprises organisent souvent leurs comptes en séries numériques (par exemple 1000–1999 pour l’actif, 2000–2999 pour le passif, 3000–3999 pour les produits, 4000–9999 pour les charges), mais cette numérotation n’est pas imposée par la loi. L’important est de garantir une cohérence interne, une traçabilité des opérations et une correspondance claire avec les rubriques des états financiers danois.

Adaptation du plan comptable aux exigences danoises

Pour être conforme aux règles danoises, le plan comptable doit permettre de distinguer clairement :

  • les activités principales et accessoires (par exemple, chiffre d’affaires au Danemark, au sein de l’UE et hors UE)
  • les différents types de coûts (coûts directs d’exploitation, frais administratifs, frais commerciaux, charges financières)
  • les postes soumis à des règles fiscales spécifiques (par exemple, dépenses non déductibles, avantages en nature, provisions limitées fiscalement)
  • les opérations soumises à la TVA danoise et celles qui en sont exonérées ou hors champ

Les entreprises exerçant des activités intracommunautaires ou internationales doivent également prévoir des comptes distincts pour les ventes et achats intracommunautaires, les importations et exportations, ainsi que pour les différents codes de TVA (taux standard, taux zéro, opérations exonérées, autoliquidation, etc.). Cette organisation facilite la préparation des déclarations de TVA danoises et des listings intracommunautaires.

Organisation des comptes de bilan

Les comptes d’actif sont généralement subdivisés en :

  • immobilisations incorporelles (par exemple, logiciels, droits, fonds de commerce)
  • immobilisations corporelles (terrains, bâtiments, machines, véhicules, équipements informatiques)
  • immobilisations financières (participations, prêts à long terme)
  • actifs circulants (stocks, créances clients, autres créances, trésorerie)

Les comptes de passif regroupent :

  • les capitaux propres (capital social, primes, réserves, résultat de l’exercice)
  • les provisions (par exemple, provisions pour litiges, garanties, restructurations)
  • les dettes financières (emprunts bancaires, prêts d’associés)
  • les dettes d’exploitation (fournisseurs, dettes fiscales et sociales, TVA à payer)

Cette organisation doit permettre de présenter un bilan conforme aux formats prévus pour les catégories B, C ou D de la législation danoise, avec une distinction claire entre dettes à court terme (exigibles dans les 12 mois) et dettes à long terme.

Organisation des comptes de résultat

Le compte de résultat danois peut être présenté par nature ou par fonction, selon la taille de l’entreprise et ses besoins de gestion. Le plan comptable doit donc être conçu pour permettre l’une ou l’autre de ces présentations, voire les deux en parallèle.

Dans une présentation par nature, les comptes de charges et de produits sont classés selon leur type (achats, salaires, amortissements, loyers, frais de déplacement, etc.). Dans une présentation par fonction, ils sont regroupés par grandes fonctions (coût des ventes, frais de distribution, frais administratifs, recherche et développement).

Les entreprises danoises prévoient souvent des sous-comptes détaillés pour :

  • les différents types de revenus (ventes de biens, prestations de services, redevances, revenus locatifs)
  • les charges de personnel (salaires, pensions, contributions sociales obligatoires, avantages en nature)
  • les frais généraux (loyers, énergie, télécommunications, marketing, honoraires de conseil, assurances)
  • les amortissements et dépréciations, afin de suivre précisément les immobilisations et leurs durées d’utilisation

Segmentation analytique et centres de coûts

Même si la loi danoise ne rend pas obligatoire la comptabilité analytique, il est fortement recommandé d’organiser le plan comptable de manière à pouvoir suivre les résultats par activité, projet, département ou localisation géographique. Les logiciels de comptabilité utilisés au Danemark permettent généralement d’ajouter des dimensions analytiques (par exemple, centre de coûts, centre de profit, projet).

Pour une entreprise étrangère implantée au Danemark, cette segmentation est particulièrement utile pour distinguer :

  • les opérations réalisées sur le marché danois de celles réalisées dans d’autres pays
  • les coûts liés à la filiale danoise, à un établissement stable ou à une succursale
  • les flux intragroupe (facturations internes, refacturations de services, redevances de marque ou de technologie)

Intégration de la TVA et des autres taxes dans le plan comptable

La gestion de la TVA danoise exige une organisation précise des comptes. Il est courant de prévoir :

  • des comptes de TVA collectée sur les ventes au taux standard (25 %) et, le cas échéant, sur les opérations à taux zéro ou exonérées
  • des comptes de TVA déductible sur les achats de biens et de services au Danemark
  • des comptes spécifiques pour la TVA sur les acquisitions intracommunautaires et les importations
  • des comptes pour la TVA due au titre de l’autoliquidation (par exemple, certains services reçus de fournisseurs étrangers)

Cette organisation permet d’établir facilement les déclarations de TVA périodiques, de contrôler les soldes de TVA à payer ou à récupérer et de répondre aux éventuels contrôles de l’administration fiscale danoise.

Bonnes pratiques pour mettre en place un plan comptable au Danemark

Lors de la création ou de l’adaptation d’un plan comptable pour une activité au Danemark, il est recommandé de :

  • partir d’un modèle de plan comptable déjà utilisé dans des entreprises danoises de taille et de secteur similaires
  • vérifier la correspondance entre les comptes et les rubriques des états financiers exigés pour la catégorie de l’entreprise (B, C ou D)
  • prévoir dès le départ des comptes distincts pour les opérations intracommunautaires, les flux intragroupe et les opérations en devises
  • intégrer les exigences de la TVA danoise et des autres taxes indirectes dans la structure des comptes
  • documenter le plan comptable dans un manuel interne (description des comptes, utilisation prévue, exemples d’écritures)

Un plan comptable bien conçu et adapté au contexte danois facilite non seulement la tenue quotidienne des livres, mais aussi la préparation des déclarations fiscales, la communication avec les auditeurs et la production d’informations financières fiables pour la direction et les partenaires de l’entreprise.

Catégories et exigences des états financiers au Danemark

Au Danemark, la présentation des états financiers est encadrée principalement par la Danish Financial Statements Act (Årsregnskabsloven). Cette loi classe les entreprises en quatre grandes catégories (A, B, C et D) en fonction de leur taille, de leur forme juridique et de leur importance économique. Chaque catégorie est soumise à des exigences spécifiques en matière de contenu, de niveau de détail, de délais de dépôt et, le cas échéant, d’audit légal.

Catégorie A : micro‑entreprises et très petites entreprises

La catégorie A couvre principalement les entreprises individuelles (enkeltmandsvirksomhed) et les sociétés de personnes de très petite taille. Elles ne sont en principe pas tenues d’établir des états financiers selon l’Årsregnskabsloven, mais doivent tenir une comptabilité fiable pour la fiscalité et la TVA.

Les obligations minimales incluent :

  • enregistrement chronologique des recettes et des dépenses
  • conservation des pièces justificatives pendant au moins 5 ans
  • préparation d’un résultat annuel pour la déclaration fiscale

Ces entreprises ne sont pas obligées de publier leurs comptes au registre danois (Erhvervsstyrelsen), sauf si elles choisissent volontairement une forme sociétaire soumise à dépôt (par exemple une ApS ou A/S très petite).

Catégorie B : petites entreprises

La catégorie B regroupe les petites sociétés à responsabilité limitée (ApS), sociétés anonymes (A/S) et autres entités qui dépassent le cadre purement individuel, mais restent de taille modeste. De manière générale, une société est classée en catégorie B lorsqu’elle ne dépasse pas, pendant deux exercices consécutifs, au moins deux des trois seuils suivants :

  • total du bilan : environ 44 millions DKK
  • chiffre d’affaires net : environ 89 millions DKK
  • nombre moyen de salariés : 50

Les exigences principales pour les entités de catégorie B sont :

  • établissement d’états financiers annuels complets (bilan, compte de résultat, annexe)
  • respect des principes comptables danois (coût historique, continuité d’exploitation, prudence, etc.)
  • dépôt électronique des comptes auprès de l’Erhvervsstyrelsen dans les délais légaux, généralement dans les 5 mois suivant la clôture

Les petites sociétés peuvent, sous certaines conditions, être dispensées d’audit légal si elles restent en dessous de seuils plus bas pendant deux exercices consécutifs. Dans ce cas, les états financiers sont toujours obligatoires, mais ils ne sont pas certifiés par un réviseur externe.

Catégorie C : entreprises moyennes et grandes

La catégorie C concerne les sociétés de taille moyenne et grande qui dépassent les seuils de la catégorie B sans atteindre l’importance systémique des très grandes entreprises. On distingue généralement :

  • les entreprises de taille moyenne, qui dépassent les seuils de la catégorie B mais restent en dessous de seuils plus élevés (par exemple, un total de bilan inférieur à environ 156 millions DKK, un chiffre d’affaires net inférieur à environ 313 millions DKK et moins de 250 salariés)
  • les grandes entreprises de catégorie C, qui franchissent au moins deux de ces seuils pendant deux exercices consécutifs

Les exigences pour la catégorie C sont plus détaillées :

  • présentation d’un bilan, d’un compte de résultat, d’un tableau des flux de trésorerie et d’une annexe étendue
  • description plus complète des méthodes comptables et des estimations clés
  • obligation d’audit légal des comptes annuels par un réviseur agréé
  • délais de dépôt généralement plus courts pour les grandes entités (souvent 4 mois après la clôture)

Les entreprises de catégorie C doivent également fournir davantage d’informations sur les parties liées, les engagements hors bilan, les risques financiers et, pour certaines, des informations non financières lorsque cela est significatif pour les utilisateurs des comptes.

Catégorie D : très grandes entreprises et sociétés cotées

La catégorie D s’applique aux plus grandes entités danoises, notamment :

  • les sociétés cotées sur un marché réglementé
  • les établissements de crédit et institutions financières importantes
  • les entreprises considérées comme d’intérêt public significatif

Ces entités sont soumises aux exigences les plus strictes :

  • application des normes internationales (IFRS) pour les sociétés cotées, en plus des exigences de l’Årsregnskabsloven
  • états financiers complets incluant bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie, tableau des variations des capitaux propres et annexe très détaillée
  • rapport de gestion approfondi, incluant souvent des informations sur la gouvernance, les risques, la durabilité et la responsabilité sociale
  • audit légal obligatoire avec exigences renforcées en matière de contrôle interne et de communication financière

Contenu minimal des états financiers danois

Indépendamment de la catégorie, les états financiers au Danemark doivent, au minimum, donner une image fidèle de la situation financière et des résultats de l’entreprise. Selon la taille, ils comprennent généralement :

  • un bilan structuré par classes d’actifs et de passifs (immobilisations, actifs circulants, capitaux propres, dettes à court et long terme)
  • un compte de résultat, présenté par nature ou par fonction selon les règles applicables à la catégorie
  • une annexe décrivant les principes comptables, les informations sur les immobilisations, les provisions, les dettes, les parties liées et les engagements
  • pour les catégories C et D, un tableau des flux de trésorerie et, souvent, un rapport de gestion

Délais de clôture, approbation et dépôt

Les sociétés danoises doivent respecter des délais stricts pour l’approbation et le dépôt de leurs états financiers :

  • la clôture intervient généralement à la fin de l’exercice comptable choisi (souvent le 31 décembre)
  • les comptes doivent être approuvés par l’assemblée générale dans un délai déterminé par les statuts et la loi
  • le dépôt électronique auprès de l’Erhvervsstyrelsen doit intervenir dans les 5 mois suivant la clôture pour la plupart des sociétés, et dans les 4 mois pour certaines grandes entreprises et sociétés cotées

Le non‑respect de ces délais peut entraîner des amendes automatiques, voire la dissolution forcée de la société en cas de manquement répété.

Choix entre normes danoises et IFRS

Les petites et moyennes entreprises (catégories B et C) appliquent généralement les règles comptables danoises prévues par l’Årsregnskabsloven. Les sociétés cotées et certaines grandes entités de catégorie D sont tenues d’appliquer les IFRS pour leurs comptes consolidés, tout en respectant les exigences de présentation et de dépôt danoises.

Dans certains cas, les entreprises non cotées peuvent opter volontairement pour les IFRS afin de faciliter l’accès aux marchés internationaux ou aux investisseurs étrangers, mais cette décision implique un niveau de complexité plus élevé et un contrôle accru.

Comprendre la catégorie dans laquelle se situe votre entreprise au Danemark est essentiel pour déterminer le format, le niveau de détail et les obligations d’audit de vos états financiers. Une classification correcte permet de respecter les exigences légales, d’éviter les sanctions et de présenter une information financière claire et fiable à l’administration fiscale, aux banques et aux partenaires commerciaux.

Pièces justificatives et documents essentiels pour gérer une entreprise au Danemark

La gestion rigoureuse des pièces justificatives est au cœur de la comptabilité au Danemark. Sans une documentation complète, il est impossible d’établir des comptes fiables, de respecter les obligations fiscales et de se préparer à un éventuel contrôle du Skattestyrelsen (administration fiscale danoise). Chaque opération – vente, achat, paiement de salaire, investissement ou financement – doit être appuyée par un document probant, conservé dans un format lisible et facilement accessible.

Qu’est-ce qu’une pièce justificative valable au Danemark ?

Une pièce justificative est tout document qui permet d’identifier clairement une transaction et de la relier à une écriture comptable. Pour être considérée comme valable par l’administration danoise, elle doit en principe contenir :

  • l’identification de l’émetteur (nom, adresse, numéro CVR ou CPR le cas échéant)
  • l’identification du client ou du fournisseur
  • la date d’émission et, si différent, la date de la transaction
  • la description précise du bien ou du service
  • la quantité et le prix unitaire
  • le montant total hors TVA, le taux de TVA appliqué et le montant de TVA
  • la devise utilisée (DKK ou autre)
  • les conditions de paiement (échéance, rabais éventuels)

Les pièces peuvent être conservées sous forme papier ou numérique, à condition que l’intégrité, la lisibilité et la traçabilité soient garanties pendant toute la durée légale de conservation.

Factures de vente et de prestation de services

Les factures clients constituent la base du chiffre d’affaires et de la TVA collectée. Au Danemark, toute entreprise enregistrée à la TVA doit émettre une facture conforme pour ses ventes imposables. Les factures électroniques (e-faktura) sont obligatoires pour les ventes au secteur public et fortement recommandées dans les relations B2B.

Les éléments essentiels d’une facture danoise incluent notamment :

  • le numéro CVR de l’entreprise
  • le numéro d’enregistrement TVA si l’entreprise est assujettie
  • un numéro de facture unique et séquentiel
  • la mention éventuelle d’exonération ou de régime particulier (par exemple pour les opérations intracommunautaires)

Ces documents servent à justifier les revenus, à calculer correctement la TVA à reverser et à répondre à toute demande de vérification de l’administration fiscale.

Factures fournisseurs et notes de frais

Les factures d’achats et les notes de frais sont indispensables pour justifier les coûts déductibles et la TVA récupérable. Pour être acceptées, elles doivent être établies au nom de l’entreprise, comporter le numéro CVR du fournisseur et détailler clairement la nature des biens ou services acquis.

Les notes de frais des dirigeants et salariés (déplacements, hébergement, repas, petits achats professionnels) doivent être accompagnées des justificatifs originaux ou numérisés. Il est recommandé d’y joindre :

  • le motif professionnel de la dépense
  • la date et le lieu
  • les personnes concernées (par exemple pour les repas d’affaires)

Ces documents permettent de distinguer les dépenses professionnelles des dépenses privées, non déductibles, et de respecter les règles danoises en matière d’avantages en nature et de remboursement de frais.

Contrats, baux et documents juridiques

Les contrats écrits sont des pièces justificatives essentielles pour les engagements de long terme : baux commerciaux, contrats de travail, contrats de sous-traitance, accords de licence, prêts, garanties, etc. Ils servent de base à la comptabilisation :

  • des loyers et charges locatives
  • des engagements salariaux et avantages
  • des redevances, commissions et honoraires
  • des dettes financières et intérêts

Ces documents doivent être conservés pendant toute la durée du contrat et au-delà, afin de pouvoir justifier les écritures comptables, les provisions et les engagements hors bilan.

Documents relatifs aux salariés et à la paie

Pour les entreprises qui emploient du personnel au Danemark, la documentation sociale et salariale est particulièrement importante. Elle comprend notamment :

  • les contrats de travail et avenants
  • les fiches de paie détaillant salaire brut, cotisations sociales, impôt à la source (A-skat), contributions au marché du travail (AM-bidrag) et autres retenues
  • les relevés de temps de travail et de congés
  • les documents relatifs aux indemnités, primes, avantages en nature et remboursements de frais

Ces pièces sont indispensables pour justifier les charges de personnel, prouver le respect des obligations sociales et répondre aux contrôles éventuels de l’administration fiscale ou des autorités du travail.

Relevés bancaires et documents de trésorerie

Les relevés bancaires, confirmations de prêts, contrats de crédit et documents liés aux moyens de paiement (cartes, lignes de crédit, garanties) constituent la base de la comptabilité de trésorerie. Ils permettent de :

  • rapprocher les flux bancaires avec les écritures comptables
  • justifier les encaissements et décaissements
  • documenter les intérêts, frais bancaires et commissions

Les entreprises doivent être en mesure de démontrer la concordance entre leurs comptes bancaires, leur comptabilité et leurs déclarations fiscales, notamment en matière de TVA et d’impôt sur les sociétés.

Inventaires, immobilisations et stocks

Les entreprises qui détiennent des immobilisations corporelles ou des stocks doivent conserver les documents permettant d’en suivre la valeur et les mouvements. Cela inclut :

  • les factures d’achat d’immobilisations et de matériel
  • les contrats de leasing ou de financement
  • les procès-verbaux d’inventaire physique
  • les documents relatifs aux cessions, mises au rebut ou pertes

Ces pièces sont nécessaires pour calculer les amortissements, les plus-values ou moins-values, et pour présenter une image fidèle de la situation financière de l’entreprise dans les états financiers danois.

Déclarations fiscales, TVA et correspondance avec le Skattestyrelsen

Les déclarations de TVA, d’impôt sur les sociétés, de retenues à la source et autres taxes doivent être conservées avec toutes les pièces qui ont servi à les établir. Il est important de garder :

  • les copies des déclarations déposées via TastSelv Erhverv
  • les calculs détaillés de TVA collectée et déductible
  • les échanges écrits avec le Skattestyrelsen (courriers, décisions, demandes d’informations, accords de ruling)

Ces documents permettent de prouver la conformité des déclarations et de défendre la position de l’entreprise en cas de contrôle ou de litige fiscal.

Durée et modalités de conservation des documents

Au Danemark, la règle générale impose une conservation des pièces comptables et justificatives pendant au moins cinq ans à compter de la fin de l’exercice concerné. Cette obligation s’applique aussi bien aux documents papier qu’aux archives électroniques.

La numérisation des documents est autorisée, à condition que :

  • le contenu ne soit pas altéré
  • les documents soient lisibles pendant toute la période de conservation
  • les fichiers soient sauvegardés de manière sécurisée, avec un accès contrôlé

Une organisation claire des archives – par exercice, type de document et nature d’opération – facilite la préparation des comptes annuels, des déclarations fiscales et la gestion des contrôles.

Bonnes pratiques pour organiser ses pièces justificatives au Danemark

Pour gérer efficacement une entreprise au Danemark, il est recommandé de mettre en place dès le départ une politique interne de gestion documentaire. Parmi les bonnes pratiques :

  • centraliser la réception des factures et justificatifs (adresse e-mail dédiée, portail fournisseurs)
  • utiliser un logiciel de comptabilité ou un système de gestion documentaire compatible avec les exigences danoises
  • définir des procédures de validation des dépenses et d’approbation des factures
  • former les collaborateurs aux règles de conservation et à l’importance des justificatifs

Une gestion structurée des pièces justificatives réduit les risques d’erreurs, de redressements fiscaux et de litiges, tout en offrant une vision fiable de la performance et de la situation financière de l’entreprise au Danemark.

Dépenses et coûts liés à l’exercice d’une activité au Danemark

La gestion des dépenses professionnelles au Danemark est un élément central de la comptabilité, car elle impacte directement le résultat imposable, la TVA récupérable et la trésorerie de l’entreprise. Pour être déductible, une dépense doit être engagée dans l’intérêt de l’activité, être correctement documentée et enregistrée de manière cohérente dans la comptabilité.

Principes généraux de déductibilité des coûts au Danemark

En règle générale, sont déductibles les coûts engagés pour acquérir, sécuriser et maintenir le revenu de l’entreprise. Les dépenses à caractère privé, les avantages personnels non imposés ou les coûts sans lien direct avec l’activité ne sont pas déductibles. Il est essentiel de distinguer :

  • les charges courantes (frais de fonctionnement, salaires, loyers, services) déductibles immédiatement
  • les investissements (machines, équipements, véhicules, immobilisations incorporelles) amortis sur plusieurs années
  • les dépenses mixtes (professionnelles et privées) qui doivent être ventilées selon une clé rationnelle

Frais de démarrage et coûts d’établissement

Les frais liés à la création ou au lancement d’une activité au Danemark (conseil juridique, frais d’enregistrement, rédaction de statuts, études de marché) sont en principe considérés comme des coûts d’établissement. Ils peuvent être :

  • soit comptabilisés comme charges de la première période d’activité,
  • soit activés et amortis sur plusieurs exercices, selon leur nature et leur importance.

Les frais directement liés à l’immatriculation d’une société (par exemple les coûts de création d’une ApS ou A/S) sont généralement considérés comme non déductibles fiscalement s’ils sont supportés par les actionnaires, mais peuvent être pris en charge par la société si cela est prévu et correctement documenté.

Salaires, charges sociales et autres coûts de personnel

Les salaires versés aux employés, les cotisations sociales obligatoires, les contributions aux régimes de pension d’entreprise et les assurances liées au personnel sont déductibles comme charges d’exploitation. Les principaux postes sont :

  • Salaires bruts et primes, y compris heures supplémentaires et bonus
  • Contributions patronales aux régimes de retraite (par exemple contributions à des fonds de pension professionnels)
  • Assurances liées au travail (accidents, responsabilité employeur, etc.)
  • Frais de formation et de perfectionnement professionnel liés à l’activité

Les avantages en nature (voiture de fonction, téléphone, logement, etc.) sont déductibles pour l’entreprise, mais imposables chez le salarié selon les règles danoises spécifiques à chaque avantage. Il est important de les comptabiliser correctement et de les déclarer via le système de paie.

Loyers, bureaux et frais liés aux locaux

Les loyers de bureaux, d’entrepôts ou de locaux commerciaux au Danemark sont intégralement déductibles lorsqu’ils sont utilisés pour l’activité. Sont également déductibles :

  • les charges communes (chauffage, électricité, eau, entretien des parties communes)
  • les frais de nettoyage, sécurité, réception
  • les petites réparations et l’entretien courant des locaux

En cas d’utilisation d’un bureau à domicile, seule la partie clairement utilisée à des fins professionnelles peut être déduite, sur la base d’une clé de répartition (surface, temps d’utilisation, etc.). Les règles sont strictes : il faut pouvoir démontrer que l’espace est réellement dédié à l’activité.

Véhicules, déplacements et frais de voyage

Les dépenses liées aux véhicules et aux déplacements sont étroitement surveillées par l’administration fiscale danoise. Il faut distinguer :

  • Véhicule appartenant à l’entreprise : les coûts de carburant, assurance, entretien, leasing et amortissement sont déductibles, mais l’usage privé du véhicule par le dirigeant ou les salariés est imposable comme avantage en nature, selon des règles de calcul spécifiques.
  • Véhicule privé utilisé à des fins professionnelles : l’entreprise peut rembourser au kilomètre selon les barèmes de l’administration fiscale danoise, dans la limite des plafonds annuels. Au-delà, les remboursements peuvent être imposables pour le bénéficiaire.

Les frais de déplacement professionnel (billets d’avion ou de train, hôtels, taxis, location de voiture) sont déductibles lorsqu’ils sont directement liés à l’activité (visites clients, salons, missions, formations). Les indemnités journalières (per diem) pour repas et petits frais sont encadrées par des plafonds ; au-delà, il faut justifier les dépenses réelles par des factures.

Frais de représentation, repas et cadeaux d’affaires

Les frais de représentation (repas avec des clients, événements commerciaux, réceptions) sont soumis à des règles de déductibilité partielle. En pratique :

  • les repas d’affaires sont souvent déductibles seulement à hauteur d’une partie de leur montant, le reste étant considéré comme non déductible
  • les cadeaux d’affaires de faible valeur, clairement liés à l’activité et offerts à des partenaires commerciaux, peuvent être déductibles dans certaines limites de montant par bénéficiaire et par an

Les dépenses de nature luxueuse ou sans lien clair avec l’activité sont généralement rejetées. Il est indispensable de conserver des justificatifs détaillés (nom des participants, objet de la rencontre, lieu, date) pour chaque dépense de représentation.

Coûts de marketing, publicité et communication

Les dépenses de marketing et de publicité sont en principe entièrement déductibles, à condition d’être orientées vers la promotion de l’activité :

  • campagnes en ligne (Google Ads, réseaux sociaux, bannières)
  • création et hébergement de sites internet, gestion de contenu, SEO
  • impression de brochures, flyers, cartes de visite
  • participation à des salons, foires, événements professionnels

Les frais de communication (abonnements téléphoniques, internet, logiciels de messagerie, outils de visioconférence) sont également déductibles lorsqu’ils sont utilisés pour l’entreprise. En cas d’usage mixte (privé/professionnel), une ventilation raisonnable doit être appliquée.

Services professionnels, licences et abonnements

Les honoraires de conseillers (experts-comptables, avocats, consultants, auditeurs) sont déductibles lorsqu’ils concernent l’activité au Danemark ou à l’étranger. Sont également déductibles :

  • les licences de logiciels de comptabilité, ERP, CRM, bureautique
  • les abonnements à des bases de données professionnelles, revues spécialisées, outils en ligne
  • les frais bancaires et commissions sur paiements (cartes, virements, encaissements)

Les intérêts sur emprunts contractés pour financer l’activité sont généralement déductibles, sous réserve de respecter les règles danoises en matière de limitation de la déductibilité des intérêts dans certains groupes ou structures de financement.

Investissements et amortissements

Les investissements dans des immobilisations corporelles et incorporelles ne sont pas déductibles immédiatement, mais via des amortissements. Sont concernés :

  • machines, équipements de production, matériel informatique
  • mobilier de bureau, agencements, installations techniques
  • brevets, logiciels, droits d’utilisation

Le Danemark applique des règles d’amortissement fiscal par catégories d’actifs, avec des taux maximums annuels. Les entreprises peuvent choisir d’amortir à un rythme inférieur au maximum autorisé, mais pas au-delà. Certains petits équipements peuvent être passés directement en charges si leur valeur unitaire ne dépasse pas un certain seuil, ce qui simplifie la comptabilité.

Dépenses non déductibles ou limitées

Certaines catégories de coûts sont totalement ou partiellement non déductibles, même si elles sont payées par l’entreprise :

  • dépenses purement privées (loisirs, vacances, biens personnels)
  • amendes, pénalités et sanctions administratives
  • dépenses de luxe ou sans lien démontrable avec l’activité
  • certains dons et contributions politiques, sauf cas particuliers prévus par la loi

Pour éviter des redressements, il est recommandé de séparer clairement les dépenses privées et professionnelles et de ne pas faire supporter à l’entreprise des coûts qui relèvent de la sphère personnelle des propriétaires ou dirigeants.

TVA sur les dépenses professionnelles

La TVA danoise (moms) sur les achats et dépenses est en principe récupérable pour les entreprises assujetties, à condition que :

  • la dépense soit liée à une activité soumise à TVA
  • la facture comporte toutes les mentions obligatoires danoises
  • la TVA ne soit pas expressément exclue du droit à déduction (par exemple sur certaines dépenses de représentation ou sur des biens à usage principalement privé)

Pour les dépenses mixtes (usage professionnel et privé), seule la part professionnelle de la TVA est récupérable. Une ventilation documentée est nécessaire, notamment pour les véhicules, télécommunications et locaux.

Organisation pratique et contrôle des coûts

Une bonne gestion des dépenses au Danemark repose sur :

  • une collecte systématique de toutes les factures et justificatifs (y compris reçus électroniques)
  • une classification claire des coûts par nature (salaires, loyers, déplacements, marketing, etc.)
  • l’utilisation d’outils numériques de comptabilité et de gestion des notes de frais
  • des procédures internes pour l’approbation des dépenses et le remboursement des frais aux employés

Une comptabilité rigoureuse des dépenses et coûts liés à l’exercice d’une activité au Danemark permet non seulement d’optimiser la charge fiscale, mais aussi de disposer d’une vision fiable de la rentabilité et des marges de l’entreprise, ce qui est essentiel pour la prise de décision et le dialogue avec les autorités fiscales danoises.

Règles relatives à l’embauche et au détachement de salariés au Danemark

L’embauche et le détachement de salariés au Danemark ont un impact direct sur l’organisation comptable, la gestion de la paie et le respect des obligations sociales et fiscales. Les règles sont relativement flexibles sur le plan du droit du travail, mais très strictes en matière de déclaration, de retenues à la source et de documentation. Toute entreprise – danoise ou étrangère – qui emploie du personnel au Danemark doit s’assurer que ses procédures internes et sa comptabilité sont alignées sur les exigences de l’administration fiscale danoise (Skattestyrelsen) et des organismes sociaux.

Enregistrement de l’employeur et numéros d’identification

Avant d’embaucher un salarié au Danemark, l’entreprise doit disposer d’un numéro d’entreprise (CVR) et s’enregistrer comme employeur auprès de Skattestyrelsen. Cet enregistrement permet de déclarer les salaires via le système électronique eIndkomst et de verser les retenues d’impôt et les contributions sociales.

Le salarié doit disposer d’un numéro d’identification danois (CPR) ou, pour les travailleurs détachés ou temporaires, d’un numéro fiscal (tax number). Sans cet identifiant, il n’est pas possible d’établir correctement la fiche de paie ni de déclarer les revenus dans les systèmes danois.

Contrat de travail et conditions d’emploi

Le Danemark n’impose pas un salaire minimum légal général, mais dans la pratique, les salaires sont largement déterminés par les conventions collectives sectorielles. Pour la comptabilité, il est essentiel de documenter clairement :

  • le type de contrat (temps plein, temps partiel, contrat à durée déterminée),
  • le taux horaire ou le salaire mensuel brut,
  • les heures de travail convenues et les éventuelles heures supplémentaires,
  • les primes, indemnités et avantages en nature (voiture de fonction, téléphone, logement, etc.).

Ces éléments servent de base au calcul du salaire brut, des cotisations sociales, des avantages imposables et des coûts salariaux totaux à comptabiliser.

Obligations de paie et retenues à la source

Le système danois repose sur la retenue à la source. L’employeur doit calculer et prélever :

  • l’impôt sur le revenu (A-skat),
  • la contribution au marché du travail (AM-bidrag),
  • les cotisations à certains régimes obligatoires (par exemple ATP),
  • les cotisations à des régimes de pension d’entreprise si prévus par le contrat ou la convention collective.

La contribution au marché du travail (AM-bidrag) est de 8 % du salaire brut avant impôt. Elle est prélevée sur le salaire du salarié, mais l’employeur est responsable de son calcul, de sa retenue et de son versement à Skattestyrelsen.

L’impôt sur le revenu (A-skat) est calculé sur la base de la carte d’impôt du salarié (skattekort), qui indique son taux d’imposition et son abattement personnel. L’employeur doit récupérer ces informations via les systèmes électroniques de l’administration fiscale et les intégrer dans le logiciel de paie.

Charges sociales et coûts salariaux pour l’employeur

Comparé à d’autres pays européens, le Danemark applique des charges sociales patronales directes relativement limitées, mais certains coûts sont obligatoires et doivent être correctement comptabilisés :

  • ATP (Arbejdsmarkedets Tillægspension) : régime de pension complémentaire du marché du travail. La cotisation est forfaitaire et partagée entre employeur et salarié. Pour un emploi à temps plein, la part de l’employeur représente plusieurs dizaines de couronnes danoises par mois, à comptabiliser comme charge sociale.
  • Assurance accidents du travail : l’employeur doit souscrire une assurance couvrant les accidents professionnels. La prime dépend du secteur d’activité et du niveau de risque, et doit être enregistrée comme charge d’assurance liée au personnel.
  • Contributions aux fonds de congés payés : pour certains secteurs, l’employeur verse des contributions à des caisses de congés (feriekasse) ou gère en interne les droits à congés payés, ce qui implique des provisions comptables.
  • Frais de pension d’entreprise : si le contrat ou la convention collective prévoit une pension d’entreprise, l’employeur verse généralement un pourcentage du salaire (par exemple 8–12 %), à comptabiliser comme charge de personnel distincte du salaire brut.

Gestion des congés payés et autres droits sociaux

Le système danois de congés payés est encadré par la loi sur les congés (Ferieloven). En règle générale, le salarié acquiert 2,08 jours de congés payés par mois de travail, soit jusqu’à 25 jours par an. L’employeur doit :

  • suivre précisément les droits à congés de chaque salarié,
  • comptabiliser les provisions pour congés payés non pris,
  • verser, le cas échéant, les contributions à une caisse de congés.

Les indemnités de congés payés sont imposables et doivent être intégrées dans la base de calcul de l’AM-bidrag et de l’A-skat. La comptabilité doit donc distinguer clairement les salaires ordinaires, les indemnités de congés et les autres indemnités (maladie, maternité/paternité, etc.).

Détachement de salariés au Danemark (entreprises étrangères)

Lorsqu’une entreprise étrangère détache des salariés au Danemark pour une mission temporaire, elle doit respecter à la fois les règles de détachement et les obligations fiscales et sociales danoises. Les points clés à prendre en compte sont :

  • déclaration du détachement et, le cas échéant, enregistrement de l’entreprise comme employeur au Danemark,
  • obtention d’un numéro fiscal danois pour les salariés détachés,
  • vérification de la résidence fiscale des salariés afin de déterminer si leurs revenus sont imposables au Danemark,
  • respect des conditions minimales danoises en matière de temps de travail, de salaire, de sécurité et de santé au travail.

Sur le plan comptable, l’entreprise doit suivre séparément les coûts liés au détachement : salaires, indemnités de déplacement, logement, per diem, frais de voyage. Il est recommandé de ventiler ces coûts par projet ou par chantier afin de faciliter la justification des dépenses en cas de contrôle fiscal ou social.

Imposition des salariés détachés et coordination internationale

La question de l’imposition des salariés détachés dépend de la durée de la mission, de la convention fiscale entre le Danemark et le pays d’origine, et de la structure de l’entreprise (succursale, établissement stable, prestation transfrontalière). En pratique :

  • si le salarié devient imposable au Danemark, l’employeur doit appliquer la retenue à la source (AM-bidrag et A-skat) comme pour un salarié local,
  • si le salarié reste imposable dans son pays d’origine, l’entreprise doit documenter ce statut et conserver les preuves nécessaires (certificats de résidence fiscale, formulaires de sécurité sociale, etc.).

La coordination entre les systèmes fiscaux et de sécurité sociale peut impliquer des formulaires spécifiques (par exemple attestations de couverture sociale dans le pays d’origine). Ces documents doivent être archivés avec les dossiers de paie et les pièces justificatives, car ils conditionnent le traitement comptable des charges sociales et des retenues.

Déclarations, délais et contrôles

Les salaires et retenues doivent être déclarés régulièrement via eIndkomst. En règle générale, les employeurs déclarent et versent l’AM-bidrag et l’A-skat sur une base mensuelle. Le non-respect des délais peut entraîner des intérêts de retard et des pénalités, qui doivent ensuite être comptabilisés comme charges financières ou pénalités fiscales.

Skattestyrelsen dispose d’un accès détaillé aux données de paie et peut comparer les informations déclarées avec les fiches de paie, les contrats de travail et les relevés bancaires. Une comptabilité rigoureuse des salaires, des charges sociales et des coûts liés au personnel est donc essentielle pour limiter les risques de redressement.

Intégration de la paie dans la comptabilité

Pour assurer une bonne visibilité des coûts de main-d’œuvre, il est recommandé de :

  • créer des comptes distincts pour les salaires bruts, les charges sociales patronales, les pensions d’entreprise, les assurances et les autres avantages,
  • ventiler les coûts salariaux par centre de coûts (projet, département, chantier) lorsque cela est pertinent,
  • concilier régulièrement les déclarations eIndkomst avec les écritures comptables et les relevés bancaires.

Les logiciels de comptabilité et de paie utilisés au Danemark permettent généralement une intégration automatique des données de paie dans la comptabilité générale. Une configuration correcte des comptes et des codes de paie est toutefois indispensable pour garantir la fiabilité des états financiers et la conformité aux exigences danoises.

Contrôle, audit et vérification des états financiers au Danemark

Au Danemark, le contrôle et l’audit des états financiers jouent un rôle central dans la transparence des entreprises et la confiance des partenaires commerciaux, des banques et de l’administration fiscale (Skattestyrelsen). Les règles découlent principalement de la loi danoise sur les états financiers (Årsregnskabsloven) et de la loi sur les auditeurs (Revisorloven), qui définissent quand un audit est obligatoire, quels types de contrôles sont possibles et quelles sont les responsabilités des dirigeants.

Obligation d’audit selon la taille et la catégorie de l’entreprise

Les exigences en matière d’audit dépendent de la catégorie de l’entreprise (B, C ou D) et de sa taille. Les micro- et petites sociétés de catégorie B peuvent, sous conditions, être dispensées d’audit légal, tandis que les entreprises plus importantes doivent obligatoirement faire certifier leurs comptes par un auditeur agréé (statsautoriseret revisor ou registreret revisor).

Pour les sociétés de catégorie B (par exemple les ApS et A/S de petite taille), l’audit légal peut être supprimé si, pendant deux exercices consécutifs, l’entreprise ne dépasse pas deux des trois seuils suivants :

  • Chiffre d’affaires net : 8 millions DKK
  • Total du bilan : 4 millions DKK
  • Nombre moyen de salariés : 12

Si au moins deux de ces seuils sont dépassés pendant deux exercices consécutifs, l’audit redevient obligatoire.

Les sociétés de catégorie C (entreprises moyennes et grandes) et de catégorie D (sociétés cotées et certains grands groupes) sont soumises à une obligation stricte d’audit complet de leurs états financiers annuels, sans possibilité de dispense. Pour ces entités, l’audit doit être réalisé conformément aux normes internationales d’audit (ISA) telles qu’adoptées au Danemark.

Types de contrôles : audit, revue limitée et compilation

Outre l’audit complet (revision), le droit danois prévoit d’autres niveaux de contrôle, adaptés aux besoins et à la taille de l’entreprise :

  • Audit complet : vérification approfondie des états financiers, des procédures internes et des principaux risques. L’auditeur émet une opinion positive avec assurance raisonnable, confirmant que les comptes donnent une image fidèle de la situation financière.
  • Revue limitée (udvidet gennemgang ou review) : niveau d’assurance modéré, fondé principalement sur des demandes d’informations et des procédures analytiques. L’auditeur ne vérifie pas tous les documents, mais s’assure qu’aucune anomalie significative n’a été relevée.
  • Compilation (assistance à l’établissement des comptes) : l’expert-comptable aide à préparer les états financiers sur la base des données fournies par l’entreprise, sans fournir d’assurance sur leur exactitude.

Le choix entre ces niveaux dépend des obligations légales, des attentes des banques et investisseurs, ainsi que de la stratégie de gestion des risques de l’entreprise.

Rôle et responsabilités de l’auditeur au Danemark

Les auditeurs danois doivent être inscrits au registre public (Erhvervsstyrelsens Revisorregister) et respecter des règles strictes d’indépendance, de confidentialité et de compétence professionnelle. Ils sont tenus de :

  • Vérifier la conformité des états financiers avec l’Årsregnskabsloven et, le cas échéant, avec les normes comptables internationales adoptées par l’UE (IFRS) pour les sociétés cotées.
  • Contrôler que les informations figurant dans le rapport de gestion (ledelsesberetning) sont cohérentes avec les comptes.
  • Évaluer les principaux risques de fraude et d’erreurs significatives, y compris dans les domaines de la TVA, de l’impôt sur les sociétés et des charges sociales.
  • Signaler certaines irrégularités graves à l’Erhvervsstyrelsen ou à d’autres autorités compétentes, lorsque la loi l’exige.

Le rapport de l’auditeur, joint aux états financiers déposés, doit indiquer clairement le type de mission (audit, revue, etc.), l’étendue des travaux réalisés et la conclusion sur la régularité des comptes.

Vérification des états financiers par l’Erhvervsstyrelsen

En plus de l’audit externe, l’Erhvervsstyrelsen (Agence danoise des entreprises) exerce un contrôle administratif sur les états financiers déposés. Elle peut :

  • Refuser l’enregistrement de comptes non conformes aux formats et exigences légales.
  • Demander des explications ou des corrections en cas d’incohérences ou d’informations manquantes.
  • Imposer des amendes en cas de dépôt tardif ou d’absence de dépôt des comptes annuels.

Le dépôt des états financiers doit en principe intervenir dans les 6 mois suivant la clôture de l’exercice pour la plupart des sociétés. Un dépôt tardif peut entraîner des pénalités financières et, en cas de manquements répétés, la dissolution forcée de la société.

Contrôles fiscaux et recoupements avec la comptabilité

La Skattestyrelsen réalise des contrôles fiscaux ciblés ou aléatoires, qui s’appuient largement sur la comptabilité et les états financiers déposés. Les autorités vérifient notamment :

  • La cohérence entre le résultat comptable et le revenu imposable déclaré.
  • La correcte déclaration et déduction de la TVA, en particulier pour les opérations intracommunautaires et les exportations.
  • Le traitement fiscal des amortissements, provisions, charges de personnel, avantages en nature et frais professionnels.
  • Les prix de transfert au sein des groupes internationaux, lorsque les seuils de documentation sont dépassés.

Une comptabilité bien tenue et des états financiers correctement audités réduisent considérablement le risque de redressements fiscaux, d’intérêts de retard et d’amendes.

Importance de l’organisation interne et du contrôle interne

Même lorsque l’audit légal n’est pas obligatoire, il est fortement recommandé de mettre en place des procédures de contrôle interne adaptées : séparation des fonctions clés (facturation, encaissement, paiements), validation des dépenses, rapprochements bancaires réguliers, inventaires physiques des stocks, suivi des créances et des dettes. Ces mesures facilitent le travail de l’auditeur, limitent les risques de fraude et améliorent la fiabilité des informations financières.

Pour les entreprises étrangères ou les entrepreneurs francophones installés au Danemark, une bonne compréhension des exigences de contrôle, d’audit et de vérification des états financiers est essentielle pour rester en conformité, sécuriser les relations avec les banques et investisseurs, et optimiser la gestion fiscale. Une collaboration régulière avec un cabinet comptable danois expérimenté permet d’anticiper les obligations, de préparer les contrôles et de garantir la qualité des comptes publiés.

Commerce du Danemark avec l’Union européenne et opérations intracommunautaires

Le Danemark est un État membre de l’Union européenne, ce qui signifie que les échanges de biens et de certains services avec les autres pays de l’UE sont traités comme des opérations intracommunautaires et non comme des importations ou exportations classiques. Pour une entreprise danoise, cela a des conséquences directes sur la facturation, la TVA, les déclarations statistiques et l’organisation de la comptabilité.

Numéro de TVA et identification des partenaires intracommunautaires

Toute entreprise danoise qui réalise des opérations intracommunautaires soumises à la TVA doit disposer d’un numéro de TVA danois (CVR/SE) et vérifier le numéro de TVA de ses partenaires commerciaux dans la base VIES. Cette vérification est essentielle pour appliquer correctement le régime d’autoliquidation et pour justifier l’exonération de TVA sur les livraisons intracommunautaires de biens.

En comptabilité, il est recommandé de conserver la preuve de la validité du numéro de TVA du client ou du fournisseur (capture d’écran VIES, extrait officiel) ainsi que les documents de transport pour les livraisons de biens vers un autre État membre.

Livraisons intracommunautaires de biens (ventes B2B)

Les ventes de biens à des entreprises établies dans un autre pays de l’UE sont en principe exonérées de TVA danoise, à condition que :

  • le client dispose d’un numéro de TVA valide dans un autre État membre,
  • les biens soient effectivement expédiés ou transportés hors du Danemark vers un autre pays de l’UE,
  • la facture mentionne le numéro de TVA du client et la référence à l’exonération intracommunautaire.

En pratique, la facture est émise sans TVA danoise et la TVA est autoliquidée par le client dans son pays. En comptabilité, la vente est enregistrée sur un compte spécifique de “livraisons intracommunautaires” afin de faciliter les déclarations de TVA et les listings récapitulatifs.

Acquisitions intracommunautaires de biens (achats B2B)

Lorsqu’une entreprise danoise achète des biens à un fournisseur établi dans un autre pays de l’UE, la facture est généralement émise hors TVA (si les deux parties sont assujetties). L’entreprise danoise doit alors :

  • calculer la TVA danoise sur la valeur de l’acquisition,
  • déclarer cette TVA en tant que TVA due,
  • déduire cette même TVA comme TVA déductible, si les biens sont utilisés pour des activités ouvrant droit à déduction.

Le taux normal de TVA au Danemark est de 25 %. L’autoliquidation n’entraîne donc pas de coût supplémentaire si l’entreprise a un droit de déduction intégral, mais elle doit être correctement enregistrée dans la comptabilité et dans la déclaration de TVA périodique.

Prestations de services intracommunautaires

Pour les services entre entreprises (B2B) au sein de l’UE, la règle générale est que la TVA est due dans le pays du client. Une entreprise danoise qui fournit des services à une entreprise établie dans un autre État membre facture donc sans TVA danoise et indique que la TVA est autoliquidée par le client. Inversement, lorsqu’une entreprise danoise reçoit un service d’un prestataire établi dans un autre pays de l’UE, elle doit autoliquider la TVA danoise sur ce service.

Certaines catégories de services (par exemple liés à des biens immobiliers, à l’événementiel ou au transport de passagers) peuvent suivre des règles particulières. Il est donc important de classifier correctement le type de service dans la comptabilité et de vérifier la règle de localisation applicable.

Déclarations de TVA et périodicité

Les opérations intracommunautaires doivent être intégrées dans la déclaration de TVA danoise (Momsangivelse). La périodicité de déclaration dépend du chiffre d’affaires annuel :

  • déclaration mensuelle pour les entreprises avec un chiffre d’affaires élevé,
  • déclaration trimestrielle pour la plupart des PME,
  • déclaration semestrielle pour les petites entreprises en dessous d’un certain seuil de chiffre d’affaires.

Les ventes et achats intracommunautaires sont ventilés dans des cases spécifiques de la déclaration, ce qui nécessite une bonne structuration du plan comptable et des codes TVA dans le logiciel de comptabilité.

Listings intracommunautaires et obligations statistiques

En plus de la déclaration de TVA, les entreprises danoises qui réalisent des échanges intracommunautaires significatifs peuvent être soumises à des obligations de déclaration récapitulative et statistique :

  • Listing des ventes intracommunautaires (souvent appelé “EU-salg uden moms”) : récapitule, par numéro de TVA client et par pays, les livraisons intracommunautaires de biens et certains services. Il permet aux administrations fiscales de croiser les données au niveau européen.
  • Déclarations statistiques Intrastat : obligatoires lorsque les flux d’entrées (introductions) ou de sorties (expéditions) de biens dépassent des seuils annuels fixés par les autorités danoises. Ces déclarations détaillent la valeur, le poids, la nature des marchandises et le pays partenaire.

En comptabilité, il est conseillé de coder correctement les opérations par pays, type de flux (entrée/sortie) et nature de la marchandise afin de pouvoir générer facilement les données nécessaires à ces déclarations.

Organisation pratique de la comptabilité pour le commerce intracommunautaire

Pour sécuriser la gestion des opérations intracommunautaires, de nombreuses entreprises au Danemark mettent en place :

  • des comptes de produits et de charges distincts pour les opérations intracommunautaires,
  • des codes TVA spécifiques pour les ventes intracommunautaires, les acquisitions intracommunautaires et les services soumis à autoliquidation,
  • des procédures internes de vérification des numéros de TVA et de conservation des preuves de transport,
  • un rapprochement régulier entre la comptabilité, la déclaration de TVA et les listings intracommunautaires.

Une bonne configuration initiale du logiciel comptable danois (paramétrage des taux, des comptes et des codes TVA) permet de limiter les erreurs, de respecter les délais de déclaration et de réduire le risque de redressement lors d’un contrôle fiscal ou d’un audit.

En résumé, le commerce intracommunautaire au départ ou à destination du Danemark offre une grande liberté de circulation des biens et des services, mais impose une discipline comptable et documentaire stricte. Une tenue de livres rigoureuse, adaptée aux particularités de la TVA intracommunautaire, est indispensable pour sécuriser ces opérations et optimiser la gestion fiscale de l’entreprise.

Gestion de la TVA et autres taxes indirectes dans la comptabilité danoise

La TVA occupe une place centrale dans la comptabilité danoise. Toute entreprise qui exerce une activité économique au Danemark doit déterminer si elle est tenue de s’enregistrer à la TVA, comment facturer correctement ses clients et comment déclarer et payer la taxe à l’administration fiscale danoise (Skattestyrelsen). Une gestion rigoureuse de la TVA et des autres taxes indirectes est essentielle pour éviter des redressements, des intérêts et des amendes.

Principes généraux de la TVA au Danemark

Le Danemark applique un système de TVA harmonisé avec les règles de l’Union européenne. La TVA standard est de 25 % et s’applique à la grande majorité des biens et services. Il n’existe pas de taux réduits comme dans d’autres pays de l’UE, mais certains secteurs bénéficient d’exonérations spécifiques.

Les opérations sont classées en trois grandes catégories :

  • Opérations taxables : soumises au taux de 25 % (vente de biens, prestations de services, commerce en ligne, etc.).
  • Opérations exonérées : sans droit à déduction de la TVA d’achat (certains services financiers, assurances, services de santé, enseignement, location de logements résidentiels).
  • Opérations hors champ : qui ne relèvent pas de la TVA (par exemple, certaines subventions sans contrepartie directe).

Obligation d’enregistrement à la TVA

Une entreprise doit en principe s’enregistrer à la TVA danoise dès que son chiffre d’affaires taxable au Danemark dépasse 50 000 DKK sur une période de 12 mois consécutifs. L’enregistrement se fait auprès de l’autorité danoise des entreprises (Erhvervsstyrelsen), généralement via le portail en ligne, puis les données sont transmises à Skattestyrelsen.

Il est souvent recommandé de s’enregistrer avant d’atteindre ce seuil lorsque l’entreprise supporte déjà des coûts significatifs avec TVA, afin de pouvoir déduire la taxe en amont. Les entreprises étrangères qui effectuent des ventes taxables au Danemark (par exemple via un entrepôt local ou des prestations sur place) peuvent également être tenues à l’enregistrement, parfois avec désignation d’un représentant fiscal.

Facturation et mentions obligatoires

Les factures émises par une entreprise danoise ou une entreprise étrangère enregistrée à la TVA au Danemark doivent comporter un certain nombre d’éléments obligatoires :

  • Nom, adresse et numéro de TVA (CVR/SE) du fournisseur
  • Nom et adresse du client, et numéro de TVA pour les opérations B2B intracommunautaires
  • Numéro de facture unique et date d’émission
  • Description claire des biens ou services fournis
  • Date de livraison ou de prestation si différente de la date de facture
  • Prix hors TVA, taux de TVA appliqué (25 %) et montant de TVA
  • Montant total TTC

En cas d’exonération (par exemple pour une prestation intracommunautaire B2B), la facture doit mentionner la base juridique ou une mention explicite indiquant que la TVA est autoliquidée par le client.

Déclaration et paiement de la TVA

La périodicité des déclarations de TVA dépend du chiffre d’affaires de l’entreprise. Les entreprises sont généralement classées en :

  • Déclaration trimestrielle pour la plupart des petites et moyennes entreprises
  • Déclaration mensuelle pour les entreprises avec un chiffre d’affaires plus élevé
  • Déclaration semestrielle possible pour les très petites structures dans certains cas

Les déclarations se font en ligne via le portail de Skattestyrelsen. L’entreprise doit y indiquer :

  • Le montant total de la TVA collectée sur les ventes (output VAT)
  • Le montant total de la TVA déductible sur les achats (input VAT)
  • La TVA nette à payer ou le crédit de TVA à reporter ou à demander en remboursement

Le paiement doit être effectué au plus tard à la date limite de déclaration. Un retard de dépôt ou de paiement entraîne des intérêts et, dans certains cas, des pénalités fixes.

Déduction de la TVA sur les achats

Une entreprise enregistrée à la TVA peut déduire la TVA payée sur ses achats dans la mesure où ces dépenses sont liées à des opérations taxables. La déduction n’est pas possible (ou seulement partielle) pour certaines catégories de coûts, notamment :

  • Dépenses privées ou mixtes non justifiées par l’activité
  • Frais de représentation et de divertissement au-delà des limites admises
  • Certaines dépenses liées aux véhicules de tourisme utilisés à des fins privées

Pour les entreprises qui réalisent à la fois des opérations taxables et exonérées (par exemple, une société de services financiers qui facture aussi des prestations de conseil taxables), un prorata de déduction doit être calculé. Ce prorata est généralement basé sur la proportion du chiffre d’affaires taxable par rapport au chiffre d’affaires total.

TVA sur le commerce intracommunautaire

Les échanges de biens et de services avec d’autres pays de l’UE sont soumis à des règles spécifiques :

  • Ventes intracommunautaires B2B de biens : en principe exonérées de TVA danoise si le client dispose d’un numéro de TVA valide dans un autre pays de l’UE et si les biens sont effectivement expédiés hors du Danemark. Le client autoliquide la TVA dans son pays.
  • Acquisitions intracommunautaires de biens : l’entreprise danoise doit autoliquider la TVA au taux danois de 25 %, puis peut la déduire si les biens sont utilisés pour des opérations taxables.
  • Prestations de services B2B intracommunautaires : en règle générale, la TVA est due dans le pays du client, qui autoliquide la taxe. La facture danoise est émise sans TVA avec la mention appropriée.

Les entreprises doivent en outre déposer des listings récapitulatifs (souvent appelés EU-salg uden moms) pour les ventes intracommunautaires B2B, en indiquant les numéros de TVA des clients et les montants correspondants.

TVA sur le commerce avec les pays tiers (importations et exportations)

Les exportations de biens vers des pays hors UE sont en principe soumises à un taux de TVA de 0 % au Danemark, sous réserve de preuves documentaires de la sortie des marchandises. Les importations de biens en provenance de pays tiers sont soumises à la TVA danoise de 25 % lors du dédouanement, avec possibilité de déduction pour les entreprises enregistrées.

Pour certains services fournis à des clients établis hors UE, la TVA peut ne pas être due au Danemark, selon les règles de localisation du service. Il est important de documenter correctement le lieu d’établissement du client et la nature de la prestation.

Régimes particuliers de TVA

La législation danoise prévoit plusieurs régimes particuliers qui peuvent avoir un impact sur la comptabilité :

  • Régime de la marge pour certains biens d’occasion, œuvres d’art et objets de collection, où la TVA est calculée sur la marge et non sur le prix total.
  • Règles spécifiques pour le commerce électronique, y compris les ventes à distance B2C dans l’UE, qui peuvent relever des régimes OSS (One Stop Shop) lorsque l’entreprise fournit des services numériques ou vend à des consommateurs dans d’autres États membres.
  • Régimes pour les associations et organisations à but non lucratif, qui peuvent bénéficier d’exonérations partielles ou de seuils spécifiques.

Autres taxes indirectes à prendre en compte

Outre la TVA, certaines activités au Danemark sont soumises à des droits d’accise et autres taxes indirectes, notamment sur :

  • Les produits énergétiques (électricité, carburants, gaz)
  • Les boissons alcoolisées et le tabac
  • Certains produits emballés ou polluants (taxes environnementales spécifiques)

Ces taxes sont généralement gérées séparément de la TVA, avec leurs propres règles d’enregistrement, de déclaration et de paiement. Elles doivent néanmoins être intégrées dans la comptabilité de l’entreprise, tant pour le suivi des coûts que pour la conformité fiscale.

Organisation pratique de la TVA dans la comptabilité

Pour assurer une gestion fiable de la TVA, il est recommandé de :

  • Mettre en place des comptes distincts pour la TVA collectée, la TVA déductible et la TVA à payer
  • Conserver systématiquement les factures d’achat et de vente, ainsi que les documents de transport et de douane
  • Vérifier régulièrement les numéros de TVA des partenaires commerciaux intracommunautaires
  • Effectuer des rapprochements périodiques entre la comptabilité, les déclarations de TVA et les extraits bancaires

Une bonne maîtrise des règles de TVA et des autres taxes indirectes au Danemark permet non seulement de rester en conformité avec la législation, mais aussi d’optimiser la trésorerie et la structure des coûts de l’entreprise.

Outils numériques et logiciels de comptabilité utilisés au Danemark

La comptabilité au Danemark repose largement sur des outils numériques interconnectés avec les systèmes publics. La quasi-totalité des déclarations fiscales, de TVA et des rapports financiers se fait en ligne, ce qui impose aux entreprises de choisir des logiciels compatibles avec les plateformes danoises, en particulier avec le système de comptabilité numérique de l’administration fiscale (Skattestyrelsen) et le registre des entreprises (Erhvervsstyrelsen).

Les solutions de comptabilité les plus utilisées au Danemark sont des logiciels en ligne (SaaS) qui permettent de gérer la facturation, la TVA, la paie, les notes de frais et la préparation des états financiers. Parmi les solutions courantes sur le marché danois, on trouve notamment des systèmes intégrés capables de :

  • se connecter au compte bancaire de l’entreprise pour importer automatiquement les relevés
  • générer des factures conformes aux exigences danoises et aux normes européennes (y compris e-factures)
  • calculer et déclarer la TVA danoise (moms) au taux normal de 25 % et gérer les opérations exonérées ou hors champ
  • préparer les déclarations fiscales annuelles et les rapports à déposer auprès d’Erhvervsstyrelsen
  • archiver numériquement les pièces justificatives conformément aux exigences de conservation

Le Danemark impose l’utilisation de solutions numériques pour la communication avec les autorités publiques. Les entreprises doivent disposer d’un identifiant NemID/MitID et d’une boîte aux lettres électronique officielle (Digital Post) pour recevoir et envoyer des documents administratifs. De nombreux logiciels de comptabilité danois intègrent directement ces services, ce qui facilite :

  • l’envoi électronique des déclarations de TVA périodiques
  • la soumission des états financiers annuels pour les sociétés des catégories B à D
  • la gestion des déclarations de salaires via les systèmes de paie connectés

Les outils numériques utilisés au Danemark sont conçus pour respecter les règles de conservation des documents comptables. Les entreprises doivent conserver leurs pièces justificatives et écritures comptables pendant plusieurs années, ce qui rend indispensable l’utilisation de solutions de stockage sécurisé, souvent intégrées au logiciel de comptabilité. Les systèmes danois permettent généralement :

  • la numérisation et l’archivage des factures fournisseurs et clients
  • la liaison automatique entre chaque écriture comptable et son document justificatif
  • la recherche rapide des documents en cas de contrôle ou d’audit

La gestion de la TVA et des opérations intracommunautaires est un autre domaine où les outils numériques jouent un rôle central. Les logiciels de comptabilité danois sont en mesure de :

  • identifier les opérations intracommunautaires et appliquer les règles de TVA correspondantes
  • gérer les numéros de TVA intracommunautaire des partenaires commerciaux
  • préparer les déclarations récapitulatives et les rapports nécessaires pour le commerce avec d’autres pays de l’UE

Pour les entreprises étrangères ou les entrepreneurs non résidents qui exercent une activité au Danemark, le choix d’un logiciel de comptabilité adapté est particulièrement important. Il est recommandé d’opter pour des solutions qui :

  • offrent une interface disponible au moins en anglais, en plus du danois
  • permettent de gérer plusieurs devises et de comptabiliser les différences de change
  • sont compatibles avec les exigences danoises en matière de TVA, d’impôt sur les sociétés et de déclarations obligatoires

Les outils numériques de comptabilité utilisés au Danemark sont également pensés pour faciliter la collaboration entre l’entreprise et son comptable ou son conseiller fiscal. La plupart des solutions permettent :

  • un accès en ligne partagé entre le dirigeant, le service interne et l’expert-comptable
  • la validation à distance des écritures et des déclarations
  • le suivi en temps réel de la trésorerie, des dettes fiscales et des échéances de paiement

Enfin, la digitalisation avancée de l’environnement danois implique que la tenue de livres comptables doit être organisée dès le départ autour d’outils numériques fiables. Une bonne intégration entre le logiciel de comptabilité, la banque, les systèmes de paie et les plateformes publiques permet de réduire les erreurs, de respecter les délais légaux de déclaration et de sécuriser la conformité de l’entreprise avec la réglementation comptable et fiscale danoise.

Questions fréquentes sur la tenue de livres comptables au Danemark

Cette section rassemble les questions les plus fréquentes que se posent les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises au Danemark à propos de la tenue de livres, des obligations comptables et des pratiques locales. Les réponses restent générales et ne remplacent pas un conseil personnalisé, mais elles permettent de mieux comprendre le cadre danois avant de prendre des décisions.

La tenue de livres est-elle obligatoire pour toutes les entreprises au Danemark ?

Oui. Toute entreprise exerçant une activité au Danemark doit tenir une comptabilité fiable et traçable, qu’il s’agisse d’une entreprise individuelle (enkeltmandsvirksomhed), d’une société à responsabilité limitée (ApS), d’une société anonyme (A/S) ou d’une structure étrangère enregistrée au Danemark. La loi impose de conserver les enregistrements comptables, les pièces justificatives et les documents fiscaux pendant au moins 5 ans, sous format papier ou électronique, à condition que l’accès soit garanti pour l’administration fiscale (Skattestyrelsen). Les sociétés relevant des catégories B, C et D doivent en outre déposer des états financiers annuels auprès de l’Autorité danoise des entreprises (Erhvervsstyrelsen).

Dans quelle langue et quelle devise la comptabilité doit-elle être tenue ?

La comptabilité peut être tenue en danois, en anglais, en norvégien ou en suédois. Pour les entreprises étrangères, l’anglais est largement accepté, notamment pour les pièces justificatives et les rapports internes. La devise fonctionnelle peut être la couronne danoise (DKK) ou une autre devise, par exemple l’euro (EUR), si elle reflète mieux la réalité économique de l’entreprise. Cependant, les déclarations fiscales et les comptes déposés doivent être présentés en DKK, avec conversion selon des taux de change documentés et cohérents.

Quels sont les principaux délais comptables et fiscaux à respecter ?

Les délais varient selon la forme juridique et le régime fiscal, mais certains jalons sont communs :

  • Clôture de l’exercice : la plupart des sociétés ont un exercice de 12 mois. Le dépôt des comptes annuels auprès d’Erhvervsstyrelsen doit intervenir dans les 5 mois suivant la fin de l’exercice pour les sociétés non cotées (ApS, A/S de taille standard).
  • Déclaration de TVA : la fréquence dépend du chiffre d’affaires annuel en DKK. Les petites entreprises déclarent souvent trimestriellement, les structures plus importantes mensuellement. La déclaration et le paiement se font en ligne via TastSelv Erhverv, généralement au plus tard un mois et 10 jours après la fin de la période de déclaration.
  • Impôt sur les sociétés : les acomptes et la déclaration finale suivent un calendrier fixé par Skattestyrelsen, avec dépôt électronique obligatoire. Une comptabilité à jour est indispensable pour respecter ces échéances et éviter les intérêts de retard.

Combien de temps faut-il conserver les factures et autres pièces justificatives ?

Les entreprises doivent conserver leurs documents comptables pendant au moins 5 ans à compter de la fin de l’exercice concerné. Cela inclut les factures clients et fournisseurs, relevés bancaires, contrats, notes de frais, registres de paie et toute documentation permettant de justifier les écritures comptables et les déclarations de TVA et d’impôts. La conservation numérique est autorisée, à condition que l’intégrité, la lisibilité et l’accessibilité des documents soient garanties en cas de contrôle.

Quelles sont les exigences en matière de facturation au Danemark ?

Une facture danoise doit comporter un certain nombre d’informations obligatoires : numéro d’enregistrement CVR de l’entreprise, nom et adresse du vendeur et de l’acheteur, date de la facture, description claire des biens ou services, montant hors TVA, taux de TVA applicable, montant de TVA et montant total TTC. Pour les opérations intracommunautaires, le numéro de TVA de l’acheteur dans l’UE doit être indiqué, ainsi que la mention appropriée en cas d’autoliquidation. Les factures électroniques sont largement utilisées, notamment dans les relations avec le secteur public, via le format EAN/Peppol.

La tenue d’une comptabilité informatisée est-elle obligatoire ?

La loi danoise n’impose pas un logiciel spécifique, mais dans la pratique, la quasi-totalité des entreprises utilisent des solutions numériques pour la comptabilité, la facturation et la gestion de la TVA. Les systèmes doivent permettre de tracer les opérations, de produire des journaux et de conserver les données pendant la durée légale. Les logiciels courants sur le marché danois intègrent souvent des connexions directes avec les banques, les systèmes de paie et les portails de déclaration en ligne, ce qui facilite le respect des obligations et la réduction des erreurs manuelles.

Une petite entreprise individuelle doit-elle faire certifier ses comptes par un auditeur ?

Les entreprises individuelles et les très petites sociétés peuvent être dispensées d’audit légal si elles restent en dessous de certains seuils de taille (chiffre d’affaires, total du bilan, nombre de salariés). Dans ce cas, il n’y a pas d’obligation de certification par un auditeur d’État (statsautoriseret revisor) ou un auditeur agréé (registreret revisor). Toutefois, même sans obligation légale, de nombreuses entreprises choisissent un accompagnement comptable professionnel pour sécuriser leurs déclarations fiscales, optimiser la TVA et préparer des états financiers fiables pour les banques ou les investisseurs.

Quelles sont les conséquences d’une comptabilité incomplète ou incorrecte ?

Une comptabilité insuffisante peut entraîner des redressements fiscaux, des intérêts de retard, des amendes et, dans les cas graves, des poursuites pénales. Skattestyrelsen peut procéder à des estimations de revenus et de TVA si les livres ne sont pas jugés fiables. Pour les sociétés, des manquements répétés aux obligations de dépôt des comptes peuvent conduire à des sanctions administratives, voire à la dissolution forcée de la société. Une organisation rigoureuse des pièces, des contrôles internes simples et l’appui d’un professionnel réduisent fortement ces risques.

Comment gérer la comptabilité lorsqu’on emploie des salariés au Danemark ?

L’embauche de salariés implique des obligations supplémentaires : enregistrement comme employeur, calcul et versement de l’impôt à la source (A-skat), des contributions sociales et des cotisations à ATP. La comptabilité doit intégrer la paie, les congés payés, les avantages en nature et les remboursements de frais. Les écritures de paie doivent être documentées et conciliées avec les déclarations mensuelles à Skattestyrelsen. De nombreux employeurs utilisent des systèmes de paie intégrés à leur logiciel comptable pour automatiser ces processus et limiter les erreurs.

Comment la comptabilité danoise traite-t-elle les opérations intracommunautaires ?

Les achats et ventes de biens et services au sein de l’Union européenne doivent être enregistrés de manière à distinguer clairement les opérations nationales, intracommunautaires et hors UE. Pour les livraisons intracommunautaires à des clients assujettis à la TVA dans un autre État membre, la facture est généralement émise hors TVA danoise, avec autoliquidation par l’acheteur. Les acquisitions intracommunautaires sont soumises à l’autoliquidation de la TVA au Danemark. La comptabilité doit permettre d’établir les déclarations de TVA et, le cas échéant, les listings récapitulatifs des opérations intracommunautaires.

Est-il possible d’externaliser entièrement la comptabilité au Danemark ?

Oui. La loi n’impose pas que la comptabilité soit tenue en interne. De nombreuses entreprises, notamment étrangères, choisissent d’externaliser la tenue de livres, la préparation des déclarations de TVA, la paie et l’établissement des comptes annuels à un cabinet spécialisé. L’entreprise reste toutefois responsable vis-à-vis des autorités de l’exactitude des informations fournies. Un contrat clair, un partage régulier des documents et l’accès aux systèmes comptables sont essentiels pour que l’externalisation fonctionne efficacement.

Pour toute question spécifique à votre situation (structure juridique, secteur d’activité, opérations internationales ou projet d’implantation au Danemark), il est recommandé de solliciter un accompagnement personnalisé afin d’adapter la comptabilité et les procédures internes aux exigences locales.

En cas de formalités administratives importantes présentant un risque élevé d'erreurs et de sanctions légales, nous recommandons de solliciter l'avis d'un spécialiste. N'hésitez pas à nous contacter si nécessaire.

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